Journée froide et calme, trois degrés sous les normales — les bruants et les roitelets annoncent l'automne qui s'installe.
L'air s'est posé sur la vallée avant l'aube, immobile, et il y est resté. Deux degrés et quelques dixièmes au plus bas — le thermomètre n'était pas monté à quinze avant le milieu de l'après-midi. Trois degrés sous les normales, le baromètre figé : la saison ne négocie plus, elle s'impose. Depuis cinq jours, pas une goutte de pluie ; le sol doit être sec comme une vieille écorce, et les voix portaient loin dans cet air net.
Les bruants à gorge blanche dominaient la matinée — soixante-neuf détections, la première espèce du jour. Mais c'est le roitelet à couronne dorée qui retenait l'oreille : une voix très fine, presque un fil, tissé dans le sous-bois dès huit heures vingt. Ces petits migrateurs ne s'attardent pas ; ils traversent en serrant leurs calories contre eux, agités d'une urgence que rien d'autre ici ne trahissait. Les geais bleus, eux, vocalisaient bruyamment au pic de la journée, comme si la forêt leur appartenait encore un peu.
— l'observateur du Val des Loups
La nuit qui s'ouvre sera en grande partie voilée — les trois quarts du ciel couverts — et la lune gibbeuse croissante, illuminée à 71 %, se lèvera en soirée pour ne se coucher qu'au petit matin : ce qu'elle laissera voir du ciel profond sera maigre. Mercure et Vénus seront à peine au-dessus de l'horizon vers l'ouest au coucher du soleil. L'équinoxe d'automne tombe demain soir, le 22 septembre : le Val des Loups passera officiellement en saison froide avant l'aube suivante.
« I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life, and see if I could not learn what it had to teach, and not, when I came to die, discover that I had not lived. » « Je suis allé dans les bois parce que je voulais vivre délibérément, n'affronter que les faits essentiels de la vie, et voir si je ne pouvais pas apprendre ce qu'elle avait à m'enseigner — pour ne pas découvrir, à l'heure de mourir, que je n'avais pas vécu. » Henry David Thoreau — Walden, 1854